 :: Les vieilles dames suisses un peu moins maltraitées
Le Figaro, 08 mars 2006, Aude Marcovitch C'est en terre helvète que le taux de pauvreté des femmes âgées et seules est le plus faible.
A 91 ANS, Bluette vit seule dans un deux-pièces ensoleillé près de la gare de Lausanne. Si l'énergie l'a quittée depuis longtemps pour se promener dans son quartier et admirer le lac Léman en contrebas, le montant de la rente vieillesse que perçoit la vieille dame célibataire lui permet d'assurer sereinement le financement de son modeste train de vie.
Se basant sur le nombre d'années de cotisation et les revenus de ses activités professionnelles, d'abord comme couturière, puis dans les services d'intendance d'un hôpital, le montant de sa rente de vieillesse atteint 1 500 francs suisses (1 000 euros). Des contributions complémentaires de 500 francs suisses y ont été ajoutées récemment. Par ailleurs, ses frais d'assurance-maladie sont entièrement pris en charge par l'Etat et ses charges fiscales ont été réduites au minimum.
Dans un pays où le salaire moyen des actifs est évalué à 3 500 francs (2 300 euros), la rente de Bluette reste modique et suit la tendance de l'appauvrissement des femmes célibataires après l'âge de la retraite. Mais par comparaison à ses consoeurs de plus de 75 ans d'autres pays industrialisés, la vieille dame jouit d'une situation privilégiée. Ainsi, selon les chiffres de l'OCDE, le taux de pauvreté chez les femmes âgées et seules atteint 20,9% en France, 40,9% au Royaume-Uni et 68,4% en Australie, alors qu'il s'abaisse à 17% en Suisse.
Les trois piliers du système
En Suisse, le système des rentes de vieillesse est basé sur un découpage en trois piliers. A l'AVS (assurance-vieillesse et survivants), s'ajoute la prévoyance professionnelle vieillesse qui est un système de capitalisation obligatoire lié au salaire ; le troisième pilier étant constitué de l'épargne pure, favorisée fiscalement. De 20 ans à l'âge de la retraite, tous les Suisses cotisent à l'AVS, qu'ils exercent ou non une activité professionnelle. Ainsi, même les étudiants doivent s'acquitter d'un forfait minimum. Pour les salariés, le prélèvement est extrait directement du revenu, à un taux de cotisation de 8,4%, partagé à parts égales entre l'employeur et l'employé. Le calcul de la rente tient compte à la fois des années de cotisations et du montant du salaire.
C'est en terre helvète que le taux de pauvreté des femmes âgées et seules est le plus faible.
A 91 ANS, Bluette vit seule dans un deux-pièces ensoleillé près de la gare de Lausanne. Si l'énergie l'a quittée depuis longtemps pour se promener dans son quartier et admirer le lac Léman en contrebas, le montant de la rente vieillesse que perçoit la vieille dame célibataire lui permet d'assurer sereinement le financement de son modeste train de vie. Se basant sur le nombre d'années de cotisation et les revenus de ses activités professionnelles, d'abord comme couturière, puis dans les services d'intendance d'un hôpital, le montant de sa rente de vieillesse atteint 1 500 francs suisses (1 000 euros). Des contributions complémentaires de 500 francs suisses y ont été ajoutées récemment. Par ailleurs, ses frais d'assurance-maladie sont entièrement pris en charge par l'Etat et ses charges fiscales ont été réduites au minimum. Dans un pays où le salaire moyen des actifs est évalué à 3 500 francs (2 300 euros), la rente de Bluette reste modique et suit la tendance de l'appauvrissement des femmes célibataires après l'âge de la retraite. Mais par comparaison à ses consoeurs de plus de 75 ans d'autres pays industrialisés, la vieille dame jouit d'une situation privilégiée. Ainsi, selon les chiffres de l'OCDE, le taux de pauvreté chez les femmes âgées et seules atteint 20,9% en France, 40,9% au Royaume-Uni et 68,4% en Australie, alors qu'il s'abaisse à 17% en Suisse. Les trois piliers du système En Suisse, le système des rentes de vieillesse est basé sur un découpage en trois piliers. A l'AVS (assurance-vieillesse et survivants), s'ajoute la prévoyance professionnelle vieillesse qui est un système de capitalisation obligatoire lié au salaire ; le troisième pilier étant constitué de l'épargne pure, favorisée fiscalement. De 20 ans à l'âge de la retraite, tous les Suisses cotisent à l'AVS, qu'ils exercent ou non une activité professionnelle. Ainsi, même les étudiants doivent s'acquitter d'un forfait minimum. Pour les salariés, le prélèvement est extrait directement du revenu, à un taux de cotisation de 8,4%, partagé à parts égales entre l'employeur et l'employé. Le calcul de la rente tient compte à la fois des années de cotisations et du montant du salaire. Mais, et c'est ici la particularité du système suisse, le montant versé est limité dans une fourchette précise : «Même si on cotise proportionnellement à son revenu, les rentes reversées à la retraite sont plafonnées, explique Pierre-Alain Gentil, vice-président de l'Union syndicale suisse. Ce qui conduit à un très fort effet redistributif et permet aux petits et moyens revenus de s'en sortir.» Les rentes maximales ne peuvent ainsi pas dépasser le double des rentes les plus modestes. Par ailleurs, les retraités dont l'AVS même ainsi compensée n'atteint pas un seuil minimal, calculé selon les dépenses individuelles, peuvent bénéficier de prestations complémentaires. C'est le cas de Bluette. L'AVS est complétée par le deuxième pilier, prélevé sur le salaire des actifs et dépendant du montant du revenu. Des avantages ont été prévus pour les veuves ou veufs. Ainsi, le conjoint survivant bénéficie d'une partie de la rente du deuxième pilier de son partenaire décédé.
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